Critique de COCORICO 2

Deux ans après le joli succès de Cocorico, la suite s’inscrit dans cette logique désormais bien rodée du cinéma : capitaliser vite, tant que le public est encore au rendez-vous. Le premier film, porté par le duo Didier Bourdon / Christian Clavier, avait trouvé son public grâce à une formule simple et efficace, sans jamais prétendre à autre chose qu’un divertissement léger. Une suite n’était pas nécessaire, mais elle était presque inévitable…

Dès son entame, Cocorico 2 laisse entrevoir un certain potentiel. L’esquisse d’un mariage, terrain fertile pour les tensions et les quiproquos, dynamise un premier tiers plutôt engageant. On y retrouve ce qui faisait le sel du précédent opus : un rythme correct, quelques situations bien senties, et surtout l’énergie de deux acteurs qui connaissent parfaitement leur registre. Mais très vite, le film s’enlise. Le scénario abandonne progressivement toute ambition narrative pour s’empêtrer dans une succession de situations de plus en plus mécaniques, souvent poussives. Les ressorts comiques, déjà largement éprouvés, peinent à se renouveler. Même les gesticulations de Clavier, autrefois redoutablement efficaces, semblent ici tourner à vide, comme prisonnières d’un dispositif qui ne sait plus quoi raconter.

La fin d’une ère ?

Il reste bien quelques sursauts (des instants isolés où le film retrouve brièvement un semblant de vivacité), mais l’ensemble manque cruellement de consistance. L’écriture donne le sentiment de fonctionner en pilotage automatique, sans véritable montée en puissance ni surprise. Au fond, Cocorico 2 assume pleinement ce qu’il est : une comédie de pur produit, calibrée pour un public acquis. Bourdon et Clavier évoluent ici en terrain connu, reproduisant des schémas qu’ils maîtrisent depuis des années. Une approche qui continue de séduire une partie des spectateurs (de plus en plus restreinte, avouons le) mais qui peine à convaincre au-delà.

Pour autant, difficile de parler de naufrage. Le film évite le pire, ne sombre jamais dans le franchement embarrassant, et peut encore arracher quelques rires. Mais il donne surtout l’impression d’un cinéma en fin de cycle : celui d’une comédie française « à l’ancienne », reposant sur des automatismes aujourd’hui usés. En ce sens, Cocorico 2 apparaît presque comme un vestige. Une comédie d’un autre temps, appelée à disparaître progressivement des écrans, à mesure que le public se tourne vers des formes d’humour plus renouvelées. Ou simplement plus exigeantes…

Note indicative :

COCORICO 2 est actuellement disponible dans les salles de cinéma

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