Plus de vingt ans après le phénomène LA PASSION DU CHRIST, Mel Gibson s’apprête enfin à revenir à son immense fresque biblique. Mais plutôt que de livrer une simple suite consacrée à la Résurrection, le cinéaste semble avoir conçu une œuvre autrement plus ambitieuse : deux films, un budget colossal, une nouvelle distribution et un récit qui devrait nous emmener jusqu’en Enfer, auprès des anges déchus et aux origines mêmes de Satan.
En 2004, peu de monde avait probablement anticipé l’ampleur que prendrait LA PASSION DU CHRIST. Produit pour environ 30 millions de dollars, le film de Mel Gibson allait devenir un véritable phénomène culturel et commercial avec plus de 610 millions de dollars de recettes mondiales, malgré sa violence, son sujet religieux et ses dialogues essentiellement tournés en araméen, latin et hébreu. Plus de deux décennies plus tard, Gibson revient donc à cet univers avec THE RESURRECTION OF THE CHRIST, projet longtemps fantasmé et désormais bien réel. Et cette fois, le réalisateur pense beaucoup plus grand.
Deux films et un budget complètement différent
Le projet a finalement été divisé en deux longs-métrages, tous deux tournés simultanément en Italie. Les prises de vues sont désormais terminées et les films sont entrés en post-production après un tournage particulièrement conséquent. Lionsgate prévoit actuellement la sortie de THE RESURRECTION OF THE CHRIST: PART ONE le 6 mai 2027, tandis que la seconde partie arrivera le 25 mai 2028.
Surtout, Gibson bénéficie cette fois de moyens sans commune mesure avec ceux de son premier film. Deadline évoquait une enveloppe d’environ 100 millions de dollars par partie, soit 200 millions au total, tandis que d’autres informations ont fait état d’un budget pouvant atteindre 100 à 125 millions par film. Dans tous les cas, nous sommes très loin des 30 millions dépensés pour LA PASSION DU CHRIST. Il s’agit, de très loin, du projet le plus coûteux jamais réalisé par Mel Gibson. Une augmentation qui ne servira manifestement pas uniquement à reconstituer la Judée du Ier siècle. Car si LA PASSION DU CHRIST restait concentré sur les dernières heures de Jésus, sa suite devrait considérablement élargir son terrain de jeu. Gibson ne compte pas simplement raconter ce qui se passe après la Crucifixion : il veut montrer ce que les textes ne montrent pas directement.
L’Enfer, les anges déchus et l’origine de Satan
Depuis plusieurs années, Mel Gibson prévient que THE RESURRECTION OF THE CHRIST ne ressemblera pas à une adaptation biblique traditionnelle. Il est même allé jusqu’à qualifier son scénario de « voyage acide », une formule qui paraît de moins en moins exagérée à mesure que le réalisateur dévoile ses intentions.

Dans une récente interview accordée au Christian Post, Gibson a ainsi expliqué que l’histoire voyagerait à travers plusieurs réalités spirituelles. Le récit devrait notamment passer par le firmament avant la Création, l’Enfer des justes et celui des damnés. Le réalisateur confirme également que son histoire abordera la chute des anges, le Sheol et les origines de Satan. Autrement dit, Gibson semble vouloir transformer les trois jours séparant la mort du Christ de sa Résurrection en une gigantesque odyssée métaphysique.
Les Évangiles restent relativement succincts concernant cette période. Gibson entend donc utiliser cet espace laissé libre pour construire son propre récit, tout en puisant dans différentes traditions théologiques. Le cinéaste rappelle lui-même que les Évangiles ne prétendent pas rapporter chaque parole ou chaque action du Christ et estime qu’il existe suffisamment de matière pour explorer ce qui demeure hors champ dans les textes canoniques. On comprend alors beaucoup mieux la nécessité d’un tel budget. À l’entendre, THE RESURRECTION OF THE CHRIST pourrait davantage ressembler à une immense fresque fantastique et spirituelle, où le monde terrestre ne constituerait qu’une partie du récit.
Un nouveau Jésus et un changement majeur
Cette nouvelle orientation s’accompagnera également d’un renouvellement presque intégral de la distribution. Jim Caviezel ne reprendra finalement pas le rôle de Jésus. L’acteur finlandais Jaakko Ohtonen lui succède, tandis que Mariela Garriga remplace Monica Bellucci dans le rôle de Marie-Madeleine. Kasia Smutniak incarne Marie, Pier Luigi Pasino interprète Pierre et Riccardo Scamarcio reprend le personnage de Ponce Pilate. L’une des raisons avancées pour ce changement de casting était particulièrement pragmatique : l’histoire reprend seulement quelques jours après les événements du premier film, alors que plus de vingt ans séparent les deux tournages. Conserver les acteurs originaux aurait donc impliqué un important travail de rajeunissement numérique.
Autre rupture notable avec LA PASSION DU CHRIST : les deux nouveaux films ont été tournés en anglais. Gibson estime que la densité théologique du récit rendait l’utilisation de sous-titres trop contraignante pour le spectateur. Là où le choix des langues anciennes participait énormément au sentiment d’immersion du premier film, le réalisateur privilégie cette fois la compréhension immédiate d’une histoire qu’il annonce beaucoup plus complexe et volontairement non linéaire.
Le choix fera certainement débat auprès de ceux qui considéraient justement l’araméen comme l’une des grandes forces de LA PASSION DU CHRIST. Mais il témoigne aussi d’une différence fondamentale entre les deux œuvres : Gibson ne semble plus chercher uniquement une forme de reconstitution historique, mais s’attache à construire un univers.

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