Critique de SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY

Après les événements de NO WAY HOME, le monde entier a oublié l’existence de Peter Parker. Désormais livré à lui-même, le jeune homme tente de reconstruire sa vie tout en continuant à protéger anonymement les rues de New York sous le masque de Spider-Man. Mais alors que ses pouvoirs connaissent d’inquiétantes transformations, l’apparition d’une nouvelle menace va une fois encore bouleverser son quotidien.

Changement de réalisateur

Après le quasi-reboot qu’offrait le troisième opus, BRAND NEW DAY affichait certaines promesses. La première était celle de retrouver enfin un héros « normal », obligé de se débattre avec les difficultés de son quotidien. La seconde, plus technique, consistait à redonner à l’Homme-Araignée l’ampleur visuelle qu’il mérite. Sur ce point, Destin Daniel Cretton s’en sort plutôt bien. En tout cas, nettement mieux que Jon Watts, qui n’avait que rarement réussi à donner une véritable dimension épique aux aventures de Spider-Man. On se souvient encore de l’affreux décorum dans lequel se déroulait la réunion pourtant extrêmement attendue des trois Spider-Man dans NO WAY HOME… Ici, le personnage retrouve des couleurs, grâce à une palette plus vive, mais aussi une certaine liberté dans ses mouvements. Les combats sont bien chorégraphiés et, si aucun n’atteint encore le niveau des morceaux de bravoure livrés par Sam Raimi il y a plus de vingt ans, le spectacle nous réserve tout de même quelques séquences particulièrement savoureuses. Elles sont notamment portées par l’excellente participation du Punisher de Jon Bernthal, qui forme avec Peter Parker un duo aussi inattendu qu’efficace.

Un Spidey bien ancré

Durant son premier tiers, le scénario prend idéalement le temps de s’attarder sur Peter et sur sa nouvelle vie. Une orientation intimiste réussie, qui laisse un temps espérer un film plus simple et plus humain. Mais Destin Daniel Cretton doit aussi composer avec les règles du MCU et, notamment, avec l’introduction d’un personnage appelé à occuper une place très importante dans la suite de l’univers partagé. Le cinéaste ne peut donc jamais totalement nous offrir cette véritable tranche de vie que Marc Webb avait tenté de construire en 2012 et 2014, et que Sam Raimi avait placée au cœur de sa trilogie. On le regrette forcément. Le scénario n’en demeure pas moins intéressant, même s’il devient difficile d’en révéler davantage sans entrer dans le territoire des spoilers.

Le véritable point fort de BRAND NEW DAY reste néanmoins sa dimension émotionnelle. Absolument seul, Peter doit apprendre à avancer sans ceux qu’il aime, tout en faisant face à de profonds changements intérieurs. Tom Holland livre une prestation solide et probablement sa plus mature sous le costume de Spider-Man. Zendaya se montre tout aussi convaincante dans la peau d’une MJ de plus en plus attachante. Couple à la ville, les deux comédiens possèdent une alchimie évidente, qui se déploie pleinement au cours d’une poignée de séquences particulièrement émouvantes. Des moments d’une sincérité et d’une délicatesse que l’on a finalement assez rarement rencontrées au sein du MCU.

Pétri de bonnes idées (notamment celle de revoir un Spidey veillant sur New-York), BRAND NEW DAY se montre toutefois parfois trop généreux. Le récit s’essouffle lorsqu’il cherche à tout prix à satisfaire les fans (la présence de Yelena (Florence Pugh) était, par exemple, franchement dispensable) ou à ouvrir de nouvelles portes pour le futur de l’univers partagé. Une manie désormais bien connue de Marvel, qui empêche régulièrement ses films d’exister complètement par eux-mêmes… Également un poil trop long à force de multiplier les personnages et les intrigues, SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY n’en reste pas moins un divertissement fort plaisant. Visuellement plus ambitieux, émotionnellement plus juste et porté par un Peter Parker enfin confronté à une véritable solitude, le film se hisse sans difficulté au sommet des aventures de Spider-Man dans sa version Tom Holland.

Note indicative :

SPIDER-MAN BRAND NEW DAY est actuellement disponible dans les salles de cinéma.

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