Avec MUTINY, Jason Statham retrouve un terrain qu’il connaît mieux que personne : celui du thriller d’action musclé où les problèmes ont généralement tendance à se résoudre à coups de poing. Le film est ici réalisé par le Français Jean-François Richet, cinéaste derrière les deux volets de MESRINE, BLOOD FATHER ou plus récemment MAYDAY.
Statham à la rescousse
Écrit par Lindsay Michel et J.P. Davis (qui avait déjà écrit MAYDAY pour Richet), MUTINY place Statham dans la peau de Cole Reed, ancien membre des forces spéciales désormais responsable de la sécurité d’un richissime homme d’affaires. Lorsque ce dernier est assassiné et que Reed se retrouve accusé du crime, il n’a évidemment d’autre choix que de remonter lui-même le fil du complot. Son enquête le conduit finalement à bord d’un porte-conteneurs rempli de mercenaires où, en pleine mer, les possibilités de demander du renfort deviennent soudainement assez limitées.
Bien sûr, un « Statham movie » n’a jamais eu d’autre prétention que d’être regardé avec un certain détachement. Détachement dans le sens où les scénarios interchangeables n’ont jamais été – et ne seront probablement jamais – l’argument numéro un de ce genre de production. Jason Statham sait parfaitement quel acteur il est, ce qu’il représente et surtout ce que son public attend de lui. Il n’a pas besoin de faire dans la dentelle ni de chercher à ressembler à un autre. On aime ou pas, mais le bonhomme s’assume pleinement et entretient depuis des années une sorte de contrat de confiance avec ses fans. Reste que ce contrat n’empêche pas d’attendre de bonnes choses.
Et avec Jean-François Richet à la barre, on pouvait légitimement espérer un film sec et tendu, traversé par une véritable nervosité. Le cinéaste a largement fait ses preuves en la matière, de MESRINE à BLOOD FATHER, où il lâchait un Mel Gibson particulièrement remonté, en passant par l’efficace MAYDAY. Richet aime les personnages virils, les situations qui dégénèrent et cette violence qui surgit sans forcément prévenir. C’est précisément lorsque MUTINY embrasse cette dimension qu’il fonctionne le mieux. Les mano a mano possèdent une violence sèche, brutale, sans véritable fioriture. Richet sait filmer les corps, les impacts et la puissance de son acteur principal. Son sens de l’action virile aurait d’ailleurs probablement fait des merveilles sur un EXPENDABLES ou même un FAST & FURIOUS décidé à retrouver un peu de matière et de brutalité.
En enfermant progressivement son intrigue à bord d’un porte-conteneurs, le réalisateur transforme également son film en quasi huis clos et exploite plutôt intelligemment l’imposante présence physique de son interprète. Statham est filmé dans toute sa splendeur et Richet lui offre une poignée de séquences de massacre diablement violentes qui constituent, sans surprise, les meilleurs moments du film.

Perte de vitesse
Malheureusement, MUTINY possède un autre versant beaucoup moins passionnant. Dès qu’il délaisse les poings de Statham pour essayer de se la jouer thriller de conspiration et psychologie de comptoir, le film ne parvient plus vraiment à tenir la barre. Les facilités scénaristiques sont parfois aussi grosses que le poing de son acteur principal et l’ensemble met un temps infini à placer des pions qui, au bout du compte, présentent assez peu d’intérêt. Plus problématique encore, certaines séquences censées donner de l’ampleur à cette conspiration semblent provenir d’un tout autre film. Les passages impliquant l’armée témoignent notamment d’une paresse assez affligeante et alourdissent inutilement un récit qui aurait sans doute gagné à assumer encore davantage sa simplicité.
MUTINY tient donc tout entier dans ses défauts comme dans ses qualités. Lorsqu’il laisse Jean-François Richet filmer Statham en machine de guerre, le spectacle remplit parfaitement son contrat et offre même quelques savoureux moments de brutalité. Dès qu’il cherche à donner davantage d’importance à son intrigue, le navire prend en revanche sérieusement l’eau. Les spectateurs friands de ce genre de gourmandise savent néanmoins parfaitement ce qu’ils sont venus chercher et devraient y trouver leur compte. Quant aux autres, ils peuvent allègrement passer leur chemin.
MUTINY est actuellement disponible dans les salles de cinéma.

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